[...] et moi avons (avions ?) un copain en commun. Le temps de ce billet, je vais l'appeler
Melchior.
Elle connaît Melchior depuis une douzaine d'années. Je le connais depuis deux ans environ. Melchior ne sait pas que [...] et moi nous
connaissons.
J'avais proposé à [...] d'aller voir Melchior tous les deux un soir de début janvier, je pensais que ça pourrait être amusant, mais
elle n'avait pas envie de le voir.
Ce que [...] m'a raconté à propos de ses rapports avec Melchior :
Il a débarqué chez elle vers quatre heures du matin après qu'il a pété un plomb dans la nuit.
Elle n'a pas eu de nouvelles de lui pendant des mois, il est réapparu deux heures après que sa tendre compagne est partie en voyage.
Le jour où [...] comptait sur Melchior, il lui a fait faux bond.
Quand je vois Melchior, après un "comment vas-tu ?" qui n'attend pas vraiment de réponse, il me parle de ce qu'il a fait, de ses projets... S'il s'enquiert de ce que je pense, c'est lié à ce
qu'il fait. Bref, Melchior est excessivement tourné vers sa personne.
Dans un jour sombre de mars ou d'avril, j'ai rapproché le comportement de Melchior et le comportement de [...]. Je les ai vus tous les deux semblables. Des exemples étayaient ma pensée, cependant, ma pensée était simpliste, pervertie
par ma douleur, je ne voyais que par le petit bout d'une lorgnette. Peut-être un besoin de m'accrocher à quelque chose afin de vomir [...] ; la grande théorie du rejet après l'amour blablabla...
Ca a peut-être été le cas, si ça l'a été, je n'en suis plus là.
Aujourd'hui avec du recul, bien qu'autre chose puisse s'ajouter à cette pensée que j'avais, je sais que [...] n'est pas Melchior. La ressemblance existe, hélas, mais [...] est loin d'être
totalement mauvaise... d:-)
Mon propos ici, comme dans le billet sur le chaton, n'est pas de faire passer [...] pour un monstre. Comme je l'ai déjà écrit, je veux m'assurer que "j'évacue bien". ("bien"
ne veut pas dire que je suis forcément juste dans tout ce que j'écris.)
Quant à Melchior, je crains qu'il soit irrécupérable. Mais il a aussi un côté attachant.
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The Who
chante
"I Can't explain"
[ troisième article du jour ]
C'est pour moi un signe de re-vie depuis quelque temps : je me balade toujours avec mon appareil-photo et j'ai souvent envie de prendre
des clichés. Autrement dit, en psychologie à deux centimes d'anciens-nouveaux francs : je ne suis plus tourné vers mon mal intérieur et je regarde ailleurs.
Parfois, je photographie n'importe quoi...
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DU LIVRE DU GRAND BÂTARD, CHAPITRE 7
Le Grand Bâtard dit à ses disciples Pantamelos et Algopédant : "C'est le propre des jeunes comme vous d'être fascinés par les sorciers et les sortilèges, et de penser qu'eux seuls ont le
privilège de donner la chance et de changer la vie.
Mais il existe d'autres personnes qui accomplissent des prodiges et des miracles, cachées dans les recoins des villes et de l'histoire.
Si tu vois un sorcier avec un couvre-chef de plumes d'ororoko qui marche sur les toits, fait voler les kiosques à journaux et tomber de la poudre d'or sur les passants, il se peut que toute ta
vie soit sur le point de changer, mais il est beaucoup plus probable que tu sois en train de voir un clip.
Si tu vois une personne qui ne se résigne pas aux cérémonies de son époque ; qui, précieuse et invisible, aide ses semblables même si on n'en parlera jamais publiquement, qui ne parcourt pas les
champs de bataille sur le cheval blanc de l'indignation mais qui, avec honte et pitié, marche au milieu des blessés, c'est un sorcier.
Lorsqu'il n'y a plus rien à apprendre, quitte l'école.
Lorsqu'il n'y a plus rien à entendre, n'écoute plus.
Si certains te disent : il est trop facile de rester en dehors, cela signifie qu'ils sont dedans jusqu'au cou.
Va loin, d'un seul pas."
Ce que tu viens de lire (enfin j'espère...) est la page 127 du roman de Stefano Benni, "La
Compagnie des Célestins". Quelques extraits du Livre du Grand Bâtard sont parsemés comme des pauses dans le trépidant récit.

Présentation de l'éditeur
Une sombre prophétie pèse sur la Gladonie, pays riche et corrompu, gouverné très médiatiquement par l'Egoarque Mussolardi.
Trois gamins courageux — la Compagnie des Célestins — parviennent à s'enfuir de l'orphelinat des cruels Zopilotes. Leur but : participer au Championnat mondial de foot de rue, sport ultrasecret
et ultrarebelle, le plus noble et le plus indomptable du monde, antithèse du foot mercantile, qui doit justement se dérouler, cette année-là, en Gladonie. D'autres équipes, venues du monde entier
par les moyens les plus loufoques, les rejoindront, alors que le pouvoir et les médias, incarnés par deux journalistes sans scrupules, les pourchassent. Mais il faut compter avec le Grand Bâtard,
"l'étranger qui hante le seuil entre le jour et la nuit, (...) protecteur de tous les orphelins du monde, Bouddha des errants, comète des ruelles"...
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~
Tu n'as pas envie de lire "La Compagnie des Célestins" ? C'est ton droit... Mais lis alors un autre livre de Stefano Benni !
d:-) Par exemple un excellent roman sorti en collection de poche : Saltatempo, le livre que
j'ai eu le pluss de mal à terminer, parce que trop d'émotions poignantes...
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[ quatrième article du jour ]
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[ second article du jour ]
L'accroche de l'affiche ("Ils ont tous besoin de lui, même un peu trop...") est trompeuse.
Ou alors je n'ai pas compris.
J'ai passé un bon et léger moment avec des humains et de l'humour. Et j'ai vu en Stefano un lointain cousin italien.
Piste Scrotum : Je ne pourrai jamais faire carrière dans la critique cinématographique.
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