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116 rue Saint Maur, à la librairie Libralire.Une dame entre et demande où se trouve le 130 rue Saint Maur.La libraire : "Ici on est au 116, le 130 est un peu plus loin sur la droite."L'égarée : "Mais le 131 est juste devant."La libraire : "Il y a un côté impair et un côté pair et...", elle n'a pas le temps de finir, l'égarée se braque : "Oui je sais !" et sort furieuse.
Je n'ai pas encore lu "Fuir" de Jean-Philippe Toussaint, je l'avais acheté avant de partir en vacances et j'ai bien fait parce qu'il est maintenant orné d'un ridicule bandeau "Prix Médicis".J'aime lire Jean Echenoz et, il y a quelques années, il a eu le prix Goncourt avant que j'achète le livre. Honteux de l'acte d'acheter un livre auquel on a collé un prix, j'avais enlevé discrètement le bandeau "prix Goncourt" avant de passer à la caisse. Je sais bien que les auteurs ne sont pas forcément aussi fréquentables que leurs oeuvres, j'étais quand même décontenancé : pourquoi Echenoz accepte-t-il ce prix ? Aime-t-il les honneurs officiels ? A-t-il besoin d'argent ? Malgré ces embarras, je kiffa fort "Je m'en vais". Ce qui me rassure pour ma future lecture de "Fuir".
Idée pour celle ou celui qui veut obtenir à la fois le prix Goncourt et le prix Médicis : intitulez votre roman "Je pars en courant".
106 rue Saint Maur, je retrouve un fleuron de la gastronomie parisienne : les patisseries algériennes de "La bague de Kenza".
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Vu une enseigne rue du Faubourg du Temple, à Paris :
RESTAURANT RAPIDE BEN LONG
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Sniff finies les vacances. Les soirées parisiennes me consolent un peu.
Quelques souvenirs :
A l'auberge de jeunesse de Cahors, rue Suisse, je rencontre un vieux Belge. Il porte au cou une grosse croix chrétienne bien visible, ostentatoire diraient certains. En pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle, il est parti de Bruxelles à pied 52 jours auparavant. Je me contenterai de marcher de Cahors à Figeac, en passant par la vallée du Célé, le sac au dos et sans croix. Ma rencontre avec le bigot belge est la seule anecdote que j'ai notée dans mon carnet, les pages suivantes ne comportent que mes projets d'étapes, nombre de kilomètres et numéros de téléphone des gîtes.
A Saint Cirq Lapopie, si la dame à l'accueil du gîte est absente, il faut aller à l'auberge du Sombral demander la clé à monsieur le maire.
Je partage le gîte avec une charmante Suissesse. Nous dînons bien, avec un bon vin de Cahors, au restaurant de l'atelier. La charmante Suissesse me dit connaître mieux la carte vinicole de la France que la carte géographique...
A Cabrerets, sur la porte du gîte est écrit : "Installez vous en attendant notre visite." Je n'ai vu personne.
Visite des grottes de Pech Merle : le guide annonce que nous allons dans une partie des grottes qu'on ne visite pas l'été. Je lui demande pourquoi; c'est parce qu'il faut faire passer 700 personnes par jour alors on raccourcit...
Sur le GR 652, entre Cabrerets et Marcilhac sur Célé, ne prenez pas le raccourci de 2 km 500, vous rateriez une grande beauté.
A Marcilhac sur Célé, il faut aller chercher la clé du gîte à l'épicerie. J'arrive vers 13h30, l'épicerie ouvre à 15 heures. Je relis "Pierrot mon ami" de Raymond Queneau, au bord du Célé, en manches courtes. En fait, la clé est sous un pot de fleurs devant l'épicerie...
Arrive une bigote hollandaise; je ne me réjouis pas à l'idée de partager la cuisine avec elle. Le restaurant à côté paraît fermé, j'interroge quand même une dame à sa fenêtre qui me dit : "Le restaurant est fermé mais je fais à manger pour un couple en vacances dans le village, vous pouvez venir aussi." Madame Lagarrigue nous fait un festin; Le couple, écossais sympathiques, m'offre du vin. Quand je reviens au gîte, la bigote s'inquiète si j'ai mangé...
A Espagnac, le gîte est ouvert, une dame passe vers 16 heures pour fournir des draps et pour le paiement. Si on ne veut pas se faire à manger, on peut commander un plateau-repas (excellent) à un couple de cultivateurs/restaurateurs. Sur le livre d'or, j'écris que le gîte d'Espagnac fait honneur à la France et je signe "Jacques Chirac".
Au gîte de La Cassagnole, à 5 kilomètres de Figeac, on peut s'approvisionner en vivres et se faire préparer le petit-déjeuner. Si j'avais su, j'aurais marché avec un sac plus léger...
Je pèse mon sac à la fin du périple : 14 kilos.
Je passe le reste de mes vacances en Corrèze. J'ai vu des beaux sites dans le Lot; néanmoins je trouve la Corrèze, en général, plus jolie : je préfère sa verdure à la rocaille des causses.
A Cahors, une femme m'a dit que le cèpe du Lot est plus parfumé que le cèpe de Corrèze. Un Corrézien me l'a confirmé. Je n'ai mangé que des cèpes de Corrèze et je me suis régalé.
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Une vague connaissance me demande :
"Dis à Paris est-ce que tu vois des stars ?"
Embarrassé parce que son monde de stars n'est pas le mien, je réponds "non pas vraiment". Je la déçois mais si je lui dis "un jour sur un trottoir, j'ai croisé Geneviève de Fonds-de-teint la maquignonne des miss France", ça ne sera pas mieux. Sinon, je n'aurais pu lui parler que de gens qu'elle ne connaît sûrement pas.
Ma meilleure anecdote avec une "star" à moi :
A la sortie d'un square, je tiens la porte à quelqu'un qui, le vélo à la main, est embarrassé pour passer. Quand il me dit merci, je m'aperçois que c'est Jean-Jacques Vanier.
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Je sors du supermarché, une femme m'interpelle : "Monsieur, je peux vous poser une question ?". Je m'attends à une demande de financement pour un projet culinaire, mais non :
"Ma belle-mère, la mère de mon mari, m'a toujours vouvoyée, maintenant elle me tutoie."
Moi : "Et pourquoi elle vous tutoie maintenant ?"
Elle : "Elle me vouvoyait, maintenant elle me tutoie."
Moi, patient : "Il s'est bien passé quelque chose dans votre vie pour qu'elle change comme ça ?"
On refait deux ou trois allers-retours du même acabit et elle finit par me dire :
"Je lui ai parlé de ma ménopause."
Moi, guilleret : "Pour elle, se mettre à vous tutoyer, ça doit être sa façon de vous souhaiter la bienvenue au club."
Ça ne l'amuse pas du tout alors je lui demande :
"Ca vous gène qu'elle vous tutoie ?"
Elle : "Oui ça me gène."
Moi : "Bah faut lui dire."
Elle : "Lui dire quoi ?"
Moi, hésitant : " ... On s'connaît... depuis... ch'sais pas combien d'années... on s'est toujours vouvoyé, ça me gène qu'on se tutoie."
Elle : "Il faut que je lui dise ?"
Moi, grand moraliste : "Quand on est gêné, le mieux c'est d'en parler."
Elle : "Je vais lui parler alors."
Et elle s'en va soudainement sans un mot de plus.
Moi : "Bonsoir !".
Elle ne répond pas. Court-elle voir sa belle-mère ?
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Place de la République, je vais serrer la pogne de deux connaissances au sein du rassemblement CGC. Je ne me sens pas très à l'aise au milieu de ces gens en blanc (blanc royaliste ?), en plus on veut m'apposer un autocollant CGC, non merci.
Comme d'hab' je vais rejoindre la tête de la manif. Je ne suis pas un leader, je vais là parce que c'est le seul endroit où les drapeaux de toute obédience se mèlent. Pour donner une idée de la longueur du cortège aux connaisseurs, je trouve la tête en bas de la rue du chemin vert, à environ cent mètres de la Bastille.Comme souvent quand je passe place de la Bastille, je regarde si le génie n'a pas changé de pied (clin d'oeil à Tardi).J'entends scander "Non non non ! Non aux licenciements achetés !" ??? Que sont-ce ? Seraient-ils une variante des licenciements boursiers ? Ah non, ils crient "Non aux licenciements HP !".Ca bouchonne juste devant moi alors que les banderoles de tête avancent. C'est à cause du PDG de la CGT qui s'est arrêté pour je ne sais quoi. Je contourne les fans qui prennent des photos; j'espère que je serai sur l'une d'elles et qu'on y remarquera mon air qui s'en fout de ce type.Petit délire : on renverse le gouvernement, on se retrouve avec un gouvernement provisoire dirigé par Jospin. Aïe !A Nation, nous sommes accueillis par Mireille Mathieu ! La preuve en image : cliquer ici.Question parcours, j'ai préféré les manifs où nous arrivions sous les fenêtres du MEDEF ou devant l'assemblée nationale, là au moins on peut trouver quelqu'un sur qui gueuler.
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1h12. Ca fait presqu'une heure que je suis rentré, la marche dans la nuit fraîche n'aide pas à trouver le sommeil. Je me relève pour écrire un souvenir récent.
Au cours d'un repas de fête, j'entends subrepticement ma maman déclarer à de toutes nouvelles connaissances : "Cristophe il est géNIAL !". Elle n'est certainement pas la première maman qui surestime son fiston mais là elle y va fort. Plausible explication de son propos : elle était parmi les premiers présents à la fête; l'apéro (une soupe de Vouvray) était resservi à chaque nouvelle arrivée d'invités; les invités sont arrivés assez étalés...Ensuite j'ai ouï d'autres choses plus sensées : "Il aurait pu mal tourner mais il s'en est bien sorti."
"pu mal tourner" est peut-être exagéré mais sur ce sujet elle est meilleure juge que moi; "bien sorti" oui ça va.
"Il est capable de tout plaquer du jour au lendemain."
Ce fut vrai, je doute que ce le soit encore.
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23h40, de retour de l'Européen.
Je copie-colle un échange via la messagerie électronique qui a égayé ma journée de boulot. Seul le prénom est modifié.
1) J'ai écrit :
> -----Message d'origine-----
> Date: jeudi 29 septembre 2005 10:50
> Objet: plan de table
>
> Chère cheftaine de table,
>
> Vous pouvez modifier le plan de table à votre guise, je ne serai pas
> encore des vôtres à la cantoche aujourd'hui. Cette fois c'est pour raison
> personnelle. Je n'ai rien contre vous, bien au contraire; je regrette de
> rater quelques épisodes du feuilleton de votre vie; par exemple je ne sais
> pas si Samantha a acheté sa nuisette...
>
2) On m'a répondu :
> -----Message d'origine-----
> Date: jeudi 29 septembre 2005 10:55
> Objet: RE: plan de table
>
> Et bien tant pis pour toi.
>
> Samantha n'a pas acheté de nuisette, mais un beau pyjama en satin avec
> le petit haut très sexy et la petite veste qui va par-dessus; C'est
> dommage que tu ne puisse pas la voir avec...
>
> A un de ces jours alors...
>
> LA CHEFTAINE
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Dans le hall de la maison de la radio, près de moi, une fille est en train d'écouter un disque à une borne d'écoute. Elle me regarde, je la regarde, nous nous regardons. Elle se marre, soulève le casque de ses oreilles et me dit : "Quand on prie pour les gens, il se passe des drôles de choses."
Moi, athée interloqué ne sachant trop quoi répondre : " Inutile de prier pour moi, c'est une perte de temps."
Elle : "Si ! Il faut prier pour tout le monde."
Je vois que le disque sur la borne est la compilation rock de la radio Le Mouv' et (bien qu'athée je suis bon samaritain) je la préviens : "Attention le rock est la musique du diable !"
Elle me répond sérieusement : "Non ça c'est de la bonne musique mais il en existe qui contient des messages subliminaux du diable, je pourrais vous ramener de la documentation, j'écris une thèse là-dessus..."
Je n'ai pas poursuivi la conversation; il y a des mondes que je préfère ne pas découvrir.
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" Mon seul métier d'Hoëdic ", texte de Patrick Piquet interprété par Gérard Pierron, est une des plus belles chansons de ma vie. Elle est hélas méconnue. Je ne peux ici mettre la chanson; en voici le texte :
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