Nuit du 14 au 15 novembre, entre trois et quatre heures.
Ce qui m'empêche de dormir, c'est le souvenir de mes morts. Et je suis terrifié à l'idée de devoir survivre à ceux que j'aime qui, théoriquement, mourront avant moi. C'est déjà assez dur de survivre aujourd'hui.
Le 13 novembre 2003, Pierrot est mort. Quelques heures avant sa mort, la morphine à forte dose, il a de temps en temps des soubresauts, je crois qu'il va mourir maintenant sous nos yeux. Quand il se calme, il serre nos doigts, "On est là Pierrot, on est là"...
Une dizaine de jours plus tard, nouvelle réjouissance, ma grand-mère meurt après une agonie de plus de six mois.
A la maison de retraite médicalisée de Bourgueil, où elle ne restera que peu de temps, entre deux hôpitaux, je l'emmène dehors marcher un peu. Elle marche encore, difficilement avec un déambulateur. Elle a un côté qui ne fonctionne plus très bien et tend à tourner en rond; je la remets de temps en temps dans le droit chemin. De retour vers sa chambre, elle se met à délirer et ne veut pas quitter l'ascenseur. Je parviens à la convaincre d'en sortir mais elle refuse d'aller plus loin. Nous négocions et je finis par la ramener dans un fauteuil roulant.
Bah voilà ça va un peu mieux, je ne vais pas écrire sur tous les morts qui ont suivi jusqu'à récemment. J'en garde pour une prochaine fois. Je vais mettre un disque de Django Reinhardt, me recoucher, attendre le sommeil.
Commentaires
Tu devrais même écrire un livre
Ta demande me donne une idée : publier un album photo intitulé "moi en morceaux" dans lequel on pourra admirer (ça ne pourra évidemment que susciter l'admiration) des parties de mon corps, mon oeil, mon oreille, ma jambe, etc.. Il me reste à trouver une photographe avec un appareil numérique. Le hic c'est que je tiendrai à exposer Nestor avantageusement, c'est à dire en érection...
pour moi, midi c'est pas Nestor, enfin, pas celui-la


