DU LIVRE DU GRAND BÂTARD, CHAPITRE 7
Le Grand Bâtard dit à ses disciples Pantamelos et Algopédant : "C'est le propre des jeunes comme vous d'être fascinés par les sorciers et les sortilèges, et de penser qu'eux seuls ont le
privilège de donner la chance et de changer la vie.
Mais il existe d'autres personnes qui accomplissent des prodiges et des miracles, cachées dans les recoins des villes et de l'histoire.
Si tu vois un sorcier avec un couvre-chef de plumes d'ororoko qui marche sur les toits, fait voler les kiosques à journaux et tomber de la poudre d'or sur les passants, il se peut que toute ta
vie soit sur le point de changer, mais il est beaucoup plus probable que tu sois en train de voir un clip.
Si tu vois une personne qui ne se résigne pas aux cérémonies de son époque ; qui, précieuse et invisible, aide ses semblables même si on n'en parlera jamais publiquement, qui ne parcourt pas les
champs de bataille sur le cheval blanc de l'indignation mais qui, avec honte et pitié, marche au milieu des blessés, c'est un sorcier.
Lorsqu'il n'y a plus rien à apprendre, quitte l'école.
Lorsqu'il n'y a plus rien à entendre, n'écoute plus.
Si certains te disent : il est trop facile de rester en dehors, cela signifie qu'ils sont dedans jusqu'au cou.
Va loin, d'un seul pas."
Ce que tu viens de lire (enfin j'espère...) est la page 127 du roman de Stefano Benni, "La
Compagnie des Célestins". Quelques extraits du Livre du Grand Bâtard sont parsemés comme des pauses dans le trépidant récit.
Présentation de l'éditeur
Une sombre prophétie pèse sur la Gladonie, pays riche et corrompu, gouverné très médiatiquement par l'Egoarque Mussolardi.
Trois gamins courageux — la Compagnie des Célestins — parviennent à s'enfuir de l'orphelinat des cruels Zopilotes. Leur but : participer au Championnat mondial de foot de rue, sport ultrasecret
et ultrarebelle, le plus noble et le plus indomptable du monde, antithèse du foot mercantile, qui doit justement se dérouler, cette année-là, en Gladonie. D'autres équipes, venues du monde entier
par les moyens les plus loufoques, les rejoindront, alors que le pouvoir et les médias, incarnés par deux journalistes sans scrupules, les pourchassent. Mais il faut compter avec le Grand Bâtard,
"l'étranger qui hante le seuil entre le jour et la nuit, (...) protecteur de tous les orphelins du monde, Bouddha des errants, comète des ruelles"...
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Tu n'as pas envie de lire "La Compagnie des Célestins" ? C'est ton droit... Mais lis alors un autre livre de Stefano Benni !
d:-) Par exemple un excellent roman sorti en collection de poche : Saltatempo, le livre que
j'ai eu le pluss de mal à terminer, parce que trop d'émotions poignantes...
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