Pourquoi " En route pour la joie ! " : résumé
"Vivons heureux en attendant la mort", Pierre
Desproges "La vie, c'est merveilleux, bien sûr quand c'est vivable", Bernard Dimey
« Un samedi au mois d’août, tu sors de chez toi en tenue de tennis accompagné de ta femme. Au milieu du jardin, tu lui fais remarquer que tu as
oublié ta raquette à la maison. Tu retournes la chercher, mais au lieu de te diriger vers le placard de l’entrée où tu la ranges d’habitude, tu descends à la cave. Ta femme ne s’en aperçoit pas,
elle est restée dehors, il fait beau, elle profite du soleil. Quelques instants plus tard, elle entend la décharge d’une arme à feu. Elle accourt à l’intérieur de la maison, elle crie ton nom,
remarque que la porte de l’escalier qui conduit vers la cave est ouverte, y descend et t’y trouve. Tu t’es tiré une balle dans la tête avec le fusil que tu avais soigneusement préparé. Tu as
laissé sur la table une bande dessinée ouverte sur une double page. Dans l’émotion, ta femme s’appuie sur la table, le livre bascule en se refermant sur lui-même avant qu’elle ne comprenne que
c’était ton dernier message. »
Ceci est le début de "Suicide", récit de Edouard Levé.
Voici d'autres extraits :
« Si tu vivais encore, tu serais peut-être devenu un étranger. Mort, tu es aussi vivant que vif. »
« Des regrets ? Tu en eus pour la tristesse de ceux qui te pleureraient, pour l'amour qu'ils t'avaient porté, et que tu leur avais rendu. Tu en
eus pour la solitude dans laquelle tu laissais ta femme, et pour le vide qu'éprouveraient tes proches. Mais ces regrets, tu ne les ressentais que par anticipation. Ils disparaîtraient avec
toi-même : tes survivants seraient les seuls à porter la douleur de ta mort. Cet égoïsme de ton suicide te déplaisait. Mais dans la balance, l'accalmie de ta mort l'emporta sur l'agitation
douloureuse de ta vie. »
Voici ce que dit l'éditeur de Edouard levédans une entrevueà propos du
livre "Suicide" :
« Edouard Levé m'a donné le manuscrit le 5, précise Paul Otchakovsky-Laurens lors de notre entretien dans les bureaux de la maison P.O.L. Je lui
ai téléphoné le 8 pour lui dire que j’avais été complètement saisi par le livre ; nous avons pris rendez-vous pour le 18 afin de discuter de sa parution ; il s’est suicidé le 15. »
Moi aussi j'ai été complètement saisi par ce livre. Et j'appris après l'avoir lu que Edouard Levé s'est suicidé. Brrr...
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